Former ne suffit pas

Pourquoi tant de formations numériques échouent à créer un réel changement dans les TPE ? Parce qu’elles oublient l’essentiel : la posture. Cet article montre pourquoi accompagner, ce n’est pas transmettre un savoir, mais créer les conditions d’un vrai déclic.

FORMATEURS

Paméla Fontaine

1/6/20261 min read

Changer de posture pédagogique change tout

Former, ce n'est pas faire ingurgiter des outils. Encore moins quand on s'adresse à des dirigeant·es de TPE ou à leurs équipes. Trop souvent, les formations numériques ressemblent à des transferts de compétences techniques, déconnectés des usages réels.

La thèse Du clic au déclic propose un autre chemin : adopter une posture d'accompagnement, pas de transmission.

Ce qui bloque, ce n'est pas l'outil

Dans les TPE, les freins ne sont pas techniques. Ils sont humains, symboliques, organisationnels. Ce qui empêche le passage au numérique, ce n'est pas l'ignorance, c'est souvent la surcharge, la méfiance, le flou.

Continuer à "former" sans tenir compte de ces dimensions revient à plaquer des solutions sur des contextes inadaptés. On apprend, mais on n'adopte pas.

Accompagner, ce n'est pas simplifier. C'est contextualiser.

La posture d’accompagnement suppose un décalage : on ne présente pas une panoplie d’outils, on part du quotidien du dirigeant. On ne cherche pas à convaincre, mais à faire émerger un besoin.

Ce changement de posture s'incarne par :

  • une entrée par les usages, pas par les logiciels

  • une approche active : montrer, faire, laisser refaire

  • un discours sans jargon, ni injonction

  • un rythme adapté à la charge mentale du public

Le "déclic" ne se prévoit pas. Mais il se prépare.

Les accompagnants efficaces ne détiennent pas la bonne solution. Ils savent créer un cadre où le dirigeant se l'approprie. Un climat de confiance, un exemple qui fait tilt, une démonstration concrète... et le déclic a lieu.

La posture pédagogique devient alors un levier majeur : non pour transmettre, mais pour rendre possible.

Conclusion
Passer du formateur au facilitateur, c'est faire un pas de côté. C'est accepter de ne pas être au centre, mais d'aider l'autre à se mettre en mouvement. Dans les TPE, c'est souvent ce déplacement discret qui fait toute la différence.

Paméla Fontaine
Consultante – Acculturation numérique & innovation pédagogique