À VivaTech, j’ai vu des robots danser et un parfum naître d’un selfie
Retour sur une journée à VivaTech entre robots dansants, automatisation, lunettes connectées, pilotage gestuel et intelligence artificielle. Des démonstrations les plus spectaculaires aux usages les plus concrets, cet article explore ce qui rend une innovation réellement marquante jusqu’à la création d’un parfum personnalisé à partir d’un selfie.
EVENEMENTS
Paméla Fontaine
6/20/20263 min read
Le 17 juin, je suis allée à VivaTech avec l’envie de voir ce que l’innovation avait réellement dans le ventre. Je suis repartie avec des robots plein les yeux, quelques expériences ratées, beaucoup de bruit dans les oreilles et une certitude : le futur devient intéressant lorsqu’il cesse d’être abstrait.
Mon coup de cœur est arrivé très vite. Sur le stand de Unitree, les robots dansaient. Pas une démonstration rigide ou maladroite, mais une vraie impression de fluidité, de coordination et de maîtrise. En les regardant, le bond en avant devenait évident. La robotique ne se contente plus d’exécuter une tâche : elle apprend à se déplacer, à interagir et à occuper l’espace.
J’ai ensuite croisé ROB, une base roulante qui m’a immédiatement séduite. Plus loin, le robot de Yaskawa proposait une autre démonstration, plus industrielle mais tout aussi révélatrice. Chez Gobano Robotics, des robots pliaient des serviettes. La tâche peut sembler banale, mais c’est justement ce qui la rend intéressante : l’innovation commence à s’attaquer aux gestes répétitifs du quotidien. J’ai aussi découvert un petit robot Kyber particulièrement attachant. À VivaTech, les machines impressionnent parfois autant par leur efficacité que par leur capacité à susciter une réaction émotionnelle.
L’automatisation partout, le silence nulle part
J’ai tenté d’assister à la conférence « AI: Writing the Rules, Owning the Future ». Le titre était prometteur. Le niveau sonore l’était moins. Impossible de suivre correctement les échanges. Cette scène résume assez bien VivaTech : des idées fortes, mais une telle profusion qu’il faut parfois lutter pour les entendre.
Les échanges les plus utiles se sont donc joués ailleurs, notamment avec Camunda et Make, autour de l’automatisation des processus. Derrière les discours sur l’intelligence artificielle, c’est peut-être là que se trouve l’un des sujets les plus concrets pour les entreprises : supprimer les tâches inutiles, fluidifier les opérations et faire circuler l’information sans multiplier les interventions manuelles.
Je suis aussi passée chez Notion, Meta, Adobe, Microsoft et AWS. Chez Meta, j’ai testé les lunettes Oakley. L’expérience était impressionnante tant les usages possibles semblaient nombreux. Chez Adobe, les outils créatifs donnaient envie d’expérimenter, mais la foule rendait l’approche plus difficile. Chez Microsoft, une installation pensée comme une sorte de boîte immersive m’a moins convaincue. Pour les personnes peu à l’aise dans les espaces clos, la promesse d’immersion peut vite se transformer en épreuve.
La réalité virtuelle a confirmé cette limite. J’ai essayé. Ce n’est clairement pas pour moi. Toutes les innovations ne créent pas de l’adhésion, et c’est une leçon utile : une technologie peut être spectaculaire sans être agréable à utiliser.
Le futur se joue aussi dans les détails
Le pilotage d’un drone par le mouvement de la main, présenté chez Airbus, fait partie des démonstrations qui rendent immédiatement la technologie compréhensible. Aucun long discours n’est nécessaire : le geste suffit. Le simulateur de Formule 1 de PwC obéissait à la même logique. L’expérience attire, engage et donne envie de comprendre ce qui se cache derrière.
La visite comportait aussi des détours plus personnels. Je suis passée chez Motul, forcément attirée par ma passion pour le MotoGP. J’ai retrouvé Fabien chez AlphaEdge, après l’avoir découvert à Shaka Biarritz. J’ai également croisé Thierry, mon coach de thèse. Ces rencontres rappellent que les grands événements technologiques ne sont pas seulement des vitrines. Ils servent aussi à reconnecter des trajectoires, des idées et des personnes.
J’ai parcouru les espaces We Are Normandy, Occitanie et Pays de la Loire, avant de passer devant Foxconn, Capgemini, SAP, TW3 Partners ou GLPI. Certains arrêts marquent plus que d’autres. Un stand de Yumana exposait par exemple des brochures datées de septembre 2025. Dans un univers où l’intelligence artificielle évolue à une vitesse vertigineuse, l’effet était presque archéologique.
Un parfum créé à partir d’un visage
Le meilleur était pourtant pour la fin. Chez Ininum, j’ai découvert une expérience qui m’a réellement enthousiasmée : créer un parfum à partir d’un selfie. L’idée paraît presque improbable, mais elle résume parfaitement ce que la technologie peut produire lorsqu’elle rencontre l’émotion, la personnalisation et l’imaginaire.
Cette expérience ne se contente pas de montrer ce que l’intelligence artificielle sait faire. Elle transforme une donnée banale — une photo — en une création intime et sensorielle. Elle donne une forme à quelque chose qui n’en avait pas. C’est exactement ce qui manque à de nombreuses démonstrations technologiques : une capacité à toucher l’utilisateur, et pas seulement à l’impressionner.
Je suis repartie de VivaTech avec une conviction simple. L’innovation ne se mesure pas au nombre d’écrans, de mots techniques ou de promesses affichées sur un stand. Elle se mesure au moment où une technologie provoque une idée, un sourire ou l’envie immédiate d’en faire quelque chose.
Cette année, ce moment a pris plusieurs formes : un robot qui danse, un drone contrôlé par la main et un parfum né d’un selfie.
Paméla Fontaine
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